Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les député.e.s,

Chers collègues,

La situation est grave.

Les circonstances dans lesquelles je viens vous présenter les lignes directrices des politiques que nous allons mener durant l’année à venir pour la COCOF sont inquiétantes. Elles sont aussi et surtout particulièrement incertaines.

L’exercice auquel je prends part, devant vous, aujourd’hui est donc peu évident et un peu schizophrénique… puisqu’il s’agit d’aborder, notamment, avec vous, les futures politiques éducative, culturelle, sportive… alors même que les salles de spectacle, les salles de sport ou les écoles secondaires ferment leurs portes… Et que cela ne s’arrêtera probablement pas là.

« L’incertitude est de tous les tourments le plus difficile à supporter » disait Alfred de Musset dans « La confession d’un enfant du siècle ». Cette incertitude, elle nous touche toutes et tous, sans exception depuis des mois…

La crise sanitaire que nous traversons depuis mars est sans précédent. Et, soyons humble, personne ne sait aujourd’hui comment la situation va évoluer.  Beaucoup d’incertitude donc et ce, dans tous les secteurs de notre vie : présentiel – distanciel, un jour ouvert – le lendemain fermé,… Toutes et tous, nous nous demandons quand nous pourrons à nouveau revoir nos proches, nos parents, nos amis, nos collègues. Et beaucoup de Bruxelloises et Bruxellois craignent pour leur santé, leur emploi et leur avenir financier.

Face à cette pandémie, dresser le fil conducteur et le budget de l’action de la COCOF sans prendre en compte ce paramètre pour l’année à venir pourrait sembler présomptueux voire en décalage. Et pourtant cet exercice est encore plus fondamental que les années passées car la COCOF, qui est  au cœur de la vie quotidienne des Bruxelloises et Bruxellois, joue un rôle important pour les aider à surmonter cette crise.

La COCOF est là pour promouvoir la santé et le bien être des personnes, pour développer les approches dites « de santé communautaire »  ou « bottum up ». Elle est là pour accompagner et soutenir les plus vulnérables, pour apporter de l’écoute et de l’aide, qu’elle soit sociale, psychologique, médicale. Elle est là pour lutter contre les discriminations, qui s’accroissent en période de crise. La COCOF est là, présente au quotidien, pour aider les jeunes, les parents, les personnes âgées, les « echte Brusseleir » comme les nouveaux Bruxellois, à traverser cette crise.

Grâce notamment à l’action de la COCOF, de ses agents, de ses cheffes de service et de sa fonctionnaire dirigeante, grâce à l’engagement de toutes les associations qu’elle subsidie, les Bruxellois et Bruxelloises ont pu garder la tête hors de l’eau pendant la première vague. Grâce à eux, la continuité du service public et de l’aide aux Bruxelloises et aux Bruxellois a pu être assurée. Toutes ces personnes s’attèlent à présent, avec la même vigueur et le même dévouement, à mettre en place des actions au bénéfice de toutes et de tous pour cette deuxième vague. Je tiens à les remercier, ici publiquement, pour leur travail exemplaire et leur rapidité d’action.

La crise COVID nous a aussi permis de travailler main dans la main avec la Région, la COCOM, les communautés et la VGC.

A titre d’exemple, deux jours après le confinement, une task force «Urgences Sociales», rassemblant les principaux acteurs en la matière était mise en place pour faire remonter les préoccupations concrètes du terrain et y répondre. Dans la foulée, une task force liée aux violences faites aux femmes a également été mise en place. Un hôtel a été mobilisé pour accueillir ces femmes victimes de violences intrafamiliales. Je pense encore à tout le travail mené en matière de santé mentale, auprès de la population, auprès des maisons de repos, auprès du personnel soignant. Dès le 28 mars, une ligne d’écoute était ainsi créée par la Ligue Bruxelloise de Santé Mentale, avec le soutien logistique de la COCOF.

Je pense aussi, par exemple, à tous les centres de planning familial qui ont continué à accueillir et à aider de nombreux bénéficiaires.

Et tous ces services déploient la même énergie depuis plusieurs mois déjà pour affronter la deuxième vague et limiter la casse.

Plus de 9 millions d’euros ont été dégagés dans le cadre des mesures pour le Covid, notamment dans les secteurs de la cohésion sociale, de la médiation de dette, du droit à l’alimentation, de la prise en charge à domicile, des personnes handicapées ou en grande dépendance, de la santé mentale,  de l’alpha et du soutien scolaire, des violences faites aux femmes.

Alors en ces temps toujours incertains, à l’heure d’hiver, où les jours raccourcissent au lieu de rallonger comme lors du premier confinement, assombrissant nos perspectives, je me réjouis que la COCOF soit là.

Et je me dois de faire cet exercice de planification avec vous pour que les Bruxelloises et Bruxellois puissent traverser ce torrent Covid sans se faire emporter par ses flots. Pour que, de l’autre côté de celui-ci, ce ne soit pas un monde hostile mais un monde accueillant, bienveillant et solidaire qui les attende.

Et permettez-moi d’insister : c’est toutes et tous ensemble que nous limiterons la propagation du virus et ses conséquences socio-économiques.

Je vais à présent passer en revue les différentes politiques que le Collège a prévu de mettre en œuvre cette pour l’année 2021 : dans l’ordre, j’aborderai le non-marchand, l’aide aux personnes, les politiques en lien avec le handicap, la santé, l’égalité des genres, la culture, l’enseignement, le transport scolaire, la petite enfance, la cohésion sociale, le sport et la formation professionnelle…

Je souhaite entrer dans le vif du sujet en commençant par le secteur non-marchand. Un secteur déjà essentiel, « en temps normal », à la qualité de vie de la population bruxelloise. Mais aussi un secteur sous pression et en première ligne, depuis des mois, pour affronter cette crise. Il y avait donc lieu de soutenir et de renforcer les travailleuses et travailleurs de terrain de nos services agréés. Pour ce faire, la Région bruxelloise a dégagé une enveloppe qui atteindra trente millions d’euros au terme de la législature pour les entités de la COCOF, de la COCOM et de la VGC. Ce montant permettra une revalorisation qui concerna près de dix-milles travailleurs relevant des dispositifs subventionnés par la COCOF.

En 2021, ce sont donc trois millions d’euros qui sont ainsi provisionnés pour la négociation et l’exécution de ces mesures.

  • En matière de politiques « santé – social »,

 

  • Comme vous le savez, la compétence « Aide aux personnes » regroupe bon nombre de projets fondamentaux pour les Bruxelloises et Bruxellois : les maisons d’accueil , les maisons médicales, les centres de jour et d’hébergement ou les services d’accompagnement pour les personnes handicapées, les services d’accueil de jour pour personnes âgées, les centres d’action sociale globale, les centres de planning familial, les services de médiation de dettes, les services d’accueil et d’accompagnement des primo-arrivants ou encore les services d’aide à domicile, etc.
  • Pour 2021, le Collège et l’administration poursuivront le soutien et l’accompagnement de ces diverses structures.
  • Les services de médiation de dettes se verront particulièrement renforcés. Dans le cadre du Plan de relance et de redéploiement un montant de 000 € renforcera ces services en 2021.  Chacun sait que ces services jouent un rôle essentiel pour de nombreux Bruxellois et la volonté du Collège est de confirmer l’aide déjà entreprise depuis quelques années, héla accentuée par la crise ;
  • Une nouvelle maison d’accueil organisée par les Petits Riens permettra  d’accueillir 45 familles monoparentales en 2021. Il s’agit d’un dispositif essentiel qui viendra en aide à ce public particulièrement vulnérable ;
  • En matière d’accueil et d’accompagnement des primo-arrivants, des moyens complémentaires permettront de renforcer les 3 BAPA pour la meilleure organisation des 5.000 parcours d’accueil dont ils ont la charge
  • En matière d’accompagnement des personnes âgées, le maintien à domicile doit aller de pair avec des mesures alternatives à la maison de repos qui permettent de lutter contre l’isolement social.

Aussi, alors que la crise du coronavirus a éloigné une partie des personnes âgées des maisons de repos, il semblait fondamental de renforcer le contingent d’heures d’aide à domicile. Nous avions prévu 1% d’augmentation pour 2020 lors de l’initial. Nous l’avons augmenté de 2% en plus suite à la crise. Et en 2021, nous augmentons encore ce contingent de 5% cette fois. L’objectif étant bien sûr que les personnes âgées puissent profiter d’une vie à domicile dans de bonnes conditions.

  • Concernant les droits sexuels et reproductifs, le soutien à la généralisation de l’EVRAS continuera son chemin en 2021 tant sur l’aspect qualitatif que quantitatif et ce malgré le COVID. Pour rappel, en trois ans, le budget a doublé. En 2020, Nous avons obtenu un budget de 000 €. Par ailleurs, nous avons fait basculer les appels à projet EVRAS en année civile ce qui nous a permis de dégager des budgets importants pour l’EVRAS. Comme par exemple dans les stratégies concertées EVRAS pour savoir comment parler d’EVRAS en fonction de l’âge des jeunes; pour le développement d’outils numériques, pour des campagnes de sensibilisation à l’EVRAS, le développement d’un catalogue d’outils EVRAS en ligne, un budget additionnel pour  l’achat de matériel pédagogique, etc…

Un nouveau planning sur un campus d’ ERASME verra le jour début novembre 2020.

  • Le Collège poursuivra également son soutien aux initiatives existantes et soutiendra la mise sur pied de nouvelles initiatives et projets pilotes issus des associations. Divers domaines seront visés dans ces initiatives: les projets intergénérationnels, les projets innovants en matière de maintien à domicile, de personnes âgées ou encore des projets de soutien à la parentalité. 
  • En matière de handicap:
  • La politique de soutien aux personnes en situation de handicap est une politique d’inclusion qui englobe un ensemble de projets et de dispositifs essentiels pour les Bruxellois. Les besoins sont énormes et la politique mise en œuvre se doit d’être ambitieuse afin garantir une aide, un accompagnement, un accueil, ou un hébergement de qualité aux personnes en situation de handicap.
  • La priorité absolue reste le développement de l’offre de service, tant d’hébergement que de répit ou des services d’accompagnement. Parmi les nouveaux projets, le projet de logement inclusif Riga verra le jour dès janvier 2021 et ouvrira 20 nouvelles places pour des personnes en situation de handicap, dont 7 en situation de grande dépendance. Des moyens ont également été dégagés pour permettre l’ouverture de 20 nouvelles places d’hébergement pour des personnes en situation de grande dépendance avec profil complexe et/ ou troubles du comportement, et 20 places de répit, dont 10 seront spécifiquement dédiées aux personnes atteintes du spectre autistique.
  • L’exercice 2021 verra le Gouvernement poursuivre la réalisation du plan pluriannuel d’investissement : 20 nouvelles places en CJENS (centre de jour pour enfants non scolarisés) pour enfants polyhandicapés devraient d’ouvrir en septembre 2021 au CREB d’Anderlecht. Aussi, après les 15 nouvelles places ouvertes en septembre 2019 au CJES (centre de jour pour enfants scolarisés) « La famille » à Uccle, 9 nouvelles places ont encore été ouvertes lors de cette rentrée scolaire, portant leur capacité d’accueil à 84. On verra également se terminer un chantier de grande envergure : les travaux de construction du logement collectif pour adultes « l’Aubier » de l’IRSA ont été initiés en 2018 et se finaliseront fin de cette année.
  • Le Gouvernement entend également poursuivre le renforcement des services d’accompagnement. Il s’agit  bien d’apporter aux personnes une aide adaptée, plus souple, et personnalisée constituant ainsi une alternative à la vie en institution.
  • Les travaux visant à établir le cadastre de l’offre et l’études des besoins ont été retardé par la crise mais ils ont néanmoins bien démarré en collaboration avec la COCOM, la VGC et la DGPH. Ils seront poursuivis et pourraient aboutir on l’espère fin de l’année 2021, en sorte que les pouvoirs publics pourront disposer (enfin !) de données chiffrées précises et correctes, outil de base d’un pilotage de l’action publique. De même, l’étude de faisabilité pour la Maison de l’Autisme a été lancée.
  • Pour conclure sur le chapitre du handicap, rappelons que la politique d’inclusion répond à un objectif transversal, partagé par tous les Ministres. Le « handistreaming » sera renforcé visant à intégrer la personne handicapée au sein des politiques déployées  sur l’ensemble du territoire bruxellois, quel que soit le niveau de pouvoir.
  • En matière de santé :
  • En Promotion de la santé, le « Plan stratégique de promotion de la santé 2018-2022 » est évalué au fil du temps afin de garantir son efficience et s’assurer que l’ensemble des déterminants de la santé soient appréhendés. Il sera donc revu à l’aune de ces évaluations, fin 2022.
  • Par ailleurs, les démarches en santé communautaire ont particulièrement été soutenues durant la crise COVID pour favoriser une approche « Bottom-up ». Un soutien financier additionnel à la Fédération bruxelloise de promotion de la santé a été réalisé pour ce faire  et se poursuivra en 2021;
  • Nous avons également augmenté les budgets pour le développement de nouvelles initiatives en promotion de la santé afin de faire émerger des projets innovants en vue d’alimenter le futur plan 2023-2027 ;
  • En mars 2020, une dizaine de services de santé mentale ont bénéficié d’une extension de leur cadre agréé par la Commission communautaire française et plus précisément de leurs équipes enfants/adolescents. J’ai également veillé à renforcer le cadre du service de santé mentale ULB, afin de leur permettre d’assurer leur mission d’accueil dans un quartier particulièrement difficile.
  • Les importantes mesures de relance en santé mentale (1.800 000 euros) permettront au secteur de renforcer la mobilité des soins et l’action en santé mentale communautaire.
  • Nous allons aussi pouvoir agréer en 2021 le Centre de Prévention du Suicide comme centre de formation avec les budgets supplémentaires octroyé. Il apparait plus que jamais primordial en cette période particulière de travailler sur cette question et de développer des programmes de préventions du suicide.
  • Nous pourrons également étendre les missions agréées de deux services d’aide aux toxicomanes en 2021.
  • En ce qui concerne les maisons médicales, nous avons pu agréer deux nouveaux services et soutenir la création de 4 services. Pour l’année prochaine, nous avons tenu à assurer un budget qui permettra de continuer à développer ce secteur primordial dans l’accompagnement de la population bruxelloise en termes de santé, et ainsi continuer à améliorer l’accessibilité, accueil, et investissement en prévention et promotion à la santé via les financements en santé communautaire. Ce budget permettra d’agréer de nouvelles maisons médicales, et nous souhaitons également continuer dans la dynamique de soutien à la création de jeunes structures.
  • Au niveau des programmes de médecine préventive  (tuberculose, dépistage cancer du sein et du colon), un montant additionnel est prévu pour développer le dépistage du cancer du col de l’utérus en lançant  une étude de faisabilité de ce nouveau dépistage.
  • En ce qui concerne les politiques d’égalité de genre, de fonction publique et de budget 
  • En matière de lutte contre les violences faites aux femmes, outre le soutien à de nombreuses associations de lutte contre les violences, nous finalisons la rédaction du plan inter francophone de lutte contre les violences faites aux femmes 2020-2024 avec la CFWB et la région wallonne. Pour ce faire, nous avons augmenté notre participation au budget de la ligne d’écoute 0800/300.300 afin d’étendre les plages horaires des écoutants.
  • Pour se conformer aux exigences de la convention d’Istanbul, nous avons également créé une AB budgétaire spécifique regroupant tous les projets visant à lutte contre les VIF.
  • Nous avons aussi poursuivi l’accueil de 50 femmes victimes de VIF avec ou sans enfant dans un hôtel avec un accompagnement adéquat par le CPVCF mis en place depuis le début de la crise covid jusque fin mars 2021.
  • Par ailleurs, les moyens destinés à mettre en œuvre la politique d’égalité des chances sont garantis. Un montant additionnel de 000 € a été  dégagé en vue de mettre en œuvre le plan inter-francophone 2020-2024  de lutte contre les violences faites aux femmes notamment pour le cofinancement d’un site internet commun aux trois entités, d’un pôle de formation commun, de soutien à des projets portés par des associations luttant contre les violences faites aux femmes ;
  • En matière de gender budgeting, la cellule Egalité des chances et Lutte contre les discriminations a initié, avec l’appui de mon Cabinet de nouvelles démarches dans la méthode d’intégration du genre dans le budget et dans le processus de rédaction du rapport gender budgeting 2021, dont plusieurs sont issues des recommandations du précédent rapport gender budgeting.
  • La cellule a modifié la partie « genre » de la circulaire budgétaire ainsi que les instructions relatives à la catégorisation afin de faciliter la compréhension en donnant des exemples concrets.
  • Elle a participé pour la première fois à toutes les bilatérales budgétaires pour pouvoir intervenir et poser directement les questions aux gestionnaires des dossiers, et demander les compléments d’information nécessaires.

 

  • Au niveau de la fonction publique, le dialogue social en 2020 a permis de parvenir à la conclusion d’un accord sectoriel 2020-21 qui devra être mis en œuvre cette année. Plusieurs points de cet accord viseront à favoriser le bien-être au travail mais aussi à clarifier des situations inconfortables pour les accompagnateurs scolaires par exemple.

 

  • Un accord de coopération avec brussels sera mis en œuvre pour diversifier les moyens de recrutement statutaire de l’administration.
  • Je renouvelle également notre engagement politique au niveau des principes de la DPG, notamment en faveur de la mobilité intrarégionale entre administrations ou d’une évolution de l’administration vers une zone « zéro harcèlement » et plus attentive au respect de la diversité.

 

  • Les collaborations avec d’autres entités, telle que la COCOM ou la FWB, sont également soutenue sur les questions de partages des pratiques, des projets ou des applications informatiques .
  • Je terminerai par rajouter que l’administration a vu une augmentation importante de son budget informatique. Nous concourrons encore à encourager la simplification, la digitalisation et l’accessibilité des services rendus par notre administration.

 

 

  • Au niveau de la Culture, de l’Enseignement, du Transport Scolaire ou de la Petite Enfance

 

En matière de Culture :

 

  • Cette année est particulièrement difficile pour le secteur culturel, c’est pourquoi, nous continuons à affirmer notre volonté de renforcer l’accès à la culture pour toutes et tous en cette période complexe. La médiation culturelle à destination notamment des publics fragilisés économiquement ou socialement, restera l’un des axes prioritaires de la Commission Communautaire française. Pour ce faire, divers programmes sont pérennisés notamment le Label M.PA.C.T. (anciennement Label d’Utilité Publique) pour le secteur du théâtre, La Culture a de la Classe pour l’éducation à la culture pour ne citer qu’eux. Cette volonté de toucher tous les citoyens passe également par une revalorisation des subsides octroyés aux centres culturels, acteurs majeurs sur notre territoire.

 

  • En 2021, nous proposons de lancer une étude de faisabilité pour la création d’une Maison des Cultures Urbaines. Les formes culturelles urbaines sont de plus en plus visibles dans les programmes de nos institutions culturelles. Il est temps de leur donner un réel rayonnement !

 

  • Nous avons également dégagé des moyens nouveaux pour participer à une étude identifiant les besoins et l’offre existante en matière de guichet des arts pour accompagner les travailleurs intermittents du secteur créatif et culturel dans leur parcours professionnel. Nous espérons que cette réflexion pourra se mener en partenariat avec les autres entités partenaires de la CIM Culture.

 

  • Enfin, participer à la candidature de Bruxelles comme Capitale européenne de la Culture en 2030 nous semble essentiel pour mettre avant nos talents bruxellois. La COCOF se doit d’être une des premières partenaires de la dynamique. C’est pour cette raison qu’elle a dégagé des moyens nouveaux afin de soutenir toute initiative qui participerait à la préparation et à la préfiguration de ce projet d’ampleur qui doit tracer une ambition culturelle régionale pour les 10 prochaines années.

 

En matière d’enseignement :

  • La Commission communautaire française, en qualité de Pouvoir Organisateur, entend bien prendre sa part dans l’effort collectif des pouvoirs publics pour répondre à la tension démographique. La priorité en 2021 reste, l’augmentation de l’offre de places, aussi bien dans l’enseignement secondaire ordinaire que dans le spécialisé, tout en améliorant les conditions de travail et d’enseignement sur les sites d’enseignement. Les deux grands projets d’infrastructures de la législature sont désormais en cours :

La création de deux nouvelles écoles à pédagogie active sur le Campus du CERIA : un DOA d’une capacité de 600 places et une école secondaire d’enseignement général (2ème et 3ème degrés) de 600 places également. L’ouverture du DOA est programmée en septembre 2021.

L’extension de l’Institut Alexandre Herlin dédicacée à l’enseignement spécialisé. Le permis d’urbanisme vient d’être délivré ; le marché de travaux pourra être lancé et attribué dans le courant 2021, avec un début du chantier prévu pour septembre 2021.

  • La lutte contre le décrochage scolaire constitue également une priorité majeure. Divers projets et dispositifs sont mis en œuvre tout au long de l’année au sein des écoles. En réponse à la crise sanitaire et à l’impact négatif sur les élèves, le PO a organisé des ateliers de raccrochage scolaire durant l’été 2020 qui ont emporté un franc succès, également auprès des enfants qui ne fréquentent pas nos écoles. Cette initiative sera pérennisée en 2021. Par ailleurs, les équipes chargées du suivi des élèves en difficultés au sein des écoles ont été renforcées.
  • La crise du Covid19 a également fait resurgir la problématique de la fracture numérique avec grande acuité. Le PO Cocof a investi en 2020 dans l’achat et la mise à disposition de matériel informatique neuf et reconditionné à destination des élèves et étudiants les plus fragilisés. Ces investissements seront poursuivis en 2021. Une nouvelle plateforme numérique commune aux écoles de l’enseignement obligatoire permettra également une meilleure communication tant entre les enseignants qu’avec les élèves et leurs familles.
  • Enfin, le Campus du CERIA, troisième campus étudiant sur le territoire de la Région, accueille près de 6.000 personnes sur un site de 12 hectares ; il constitue un laboratoire formidable d’expérimentation vers un développement plus durable. De nombreuses initiatives y sont menées : réalisation d’un jardin didactique, installation d’abris et de râteliers pour vélos, investissements en termes d’infrastructures et d’équipements dans l’optique d’un campus résilient. Ces initiatives seront poursuivies et enrichies de nouvelles actions.

En matière de transport scolaire :

  • La Commission communautaire française assure quotidiennement le transport scolaire des enfants fréquentant un établissement d’enseignement spécialisé situé sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale. Cette année, le service assure le transport de 3.100 élèves et la prise en charge de 2.300 abonnements de transport en commun. Il comprend 205 accompagnateurs et organise plus de 220 circuits avec 24 sociétés de transport.
  • Malgré une année mouvementée pour le Transport scolaire, les projets annoncés ont pu suivre leur cours. Tout d’abord, la réforme visant à améliorer le statut des accompagnateurs et des accompagnatrices scolaires a été lancée. Cette réforme vise à offrir un contrat à durée indéterminée aux accompagnateurs et aux accompagnatrices et à régulariser le régime juridique actuellement en vigueur pour leur emploi. Elle a également pour ambition de renforcer les formations proposées afin de professionnaliser le service et offrir de réelles perspectives de carrière. A dater du 1er janvier 2021, les accompagnateurs et accompagnatrices se verront proposer un contrat d’employé à durée indéterminée, sur base volontaire, dont le régime est établi en fonction des prestations réelles de l’agent.
  • Ensuite, l’audit prospectif sera attribué d’ici quelques jours et les résultats sont attendus pour le mois de mars 2021. Pour rappel, cet audit a pour objectif de revoir le système du transport scolaire dans sa globalité, le but étant, in fine, de réduire les temps de trajet et de mettre en place un nouveau logiciel adapté à la réalité bruxelloise.

En matière de petite enfance et des crèches :

  • En matière de petite enfance, la Commission communautaire française continue de soutenir la création de places en crèches en finançant les infrastructures. Les critères prioritaires pour l’octroi des subsides sont la faiblesse du taux de couverture et le public cible comme les familles monoparentales ou les demandeurs d’emploi. Trois projets de crèches inclusives sont également lancés.
  • Outre le financement des infrastructures, la COCOF apporte également un soutien financier aux associations dont le travail s’inscrit en support de la politique d’accueil de l’enfance à Bruxelles. Enfin, la Cocof soutient l’activité de l’Observatoire de l’enfant, programme de recherches et d’analyses dont les activités s’adressent aux parents, aux professionnels de l’enfance, aux chercheurs, aux décideurs politiques et aux pouvoirs publics.
  • Dans le cadre de sa mission, l’observatoire contribue activement à la Task Force et au comité de monitoring mis en place au sein de perspective.brussels dans le cadre du projet régional de monitoring de l’offre d’accueil des enfants de 0 à 3 ans à Bruxelles.

 

  • En matière de Cohésion sociale:  

 

  • A l’instar des autres secteurs de la Cocof, l’irruption de la crise du coronavirus aura particulièrement chamboulé les activités de tous les opérateurs œuvrant dans le cadre de la cohésion sociale ;

 

  • Mais malgré le confinement ou encore les conditions sanitaires très strictes appliquée depuis la réouverture, les acteurs de la cohésion ont fait preuve de beaucoup de créativité pour maintenir un contact avec leurs différents publics et ainsi maintenir la cohésion sociale dans les quartiers les plus fragilisés de la Région de Bruxelles-Capitale.  Je voudrais saluer ici leur implication de tous les moments durant cette pandémie.
  • Hors des mesures covid adoptées en 2020 ( pour rappel, il s’agit d’une mesure de renforcement du secteur de la cohésion sociale (1.87 M euros et d’une mesure de lutte contre la fracture numérique (1 Million) , le budget 2021 de la cohésion sociale restera identique à celui de 2020 à l’exception d’une augmentation de 75.000 € prévue pour la reconnaissance et le financement du Centre régional pour le développement de l’accompagnement à la scolarité et la citoyenneté (CREDASC).

 

  • En matière de Sport

 

  • Le sport ne fait pas exception à la règle, aucun club, aucune ASBL n’a été épargnée par les mesures sanitaires. Mais la COCOF a répondu présente par une flexibilité accrue et un soutien exceptionnel à certains opérateurs afin qu’ils ne mettent la clé sous la porte et que les activités sportives puissent se poursuivre en toute sécurité.

 

  • L’objectif demeure de faciliter l’accès de l’ensemble des Bruxellois et des Bruxelloises au Sport. Dans cette optique, le Sport pour tous a rajouté deux cordes à son arc en incluant la gente féminine et les personnes déficientes dans son public cible, ce qui est salutaire. Enfin, une nouvelle aide matérielle est venue épaulée les clubs et ASBL sportifs dans leurs activités quotidiennes.

 

  • Au niveau de la formation professionnelle,

 

La crise sanitaire commence à produire  des conséquences économiques et sociales désastreuses.  Dès la fin de cette année et tout au long de 2021 nous en observerons les impacts importants sur le marché de l’emploi en Région de Bruxelles Capitale, qui risquent de dépasser les derniers scenarii ‘pessimistes’ estimant à 30.000 le nombre de chercheurs d’emplois supplémentaires. Et ce sont des estimations  antérieures à la deuxième vague qui se déploie aujourd’hui.

  • Il faut donc agir vite pour profiter des opportunités nouvelles d’emplois dans les secteurs qui engagent et accompagner plus fortement les réorientations sectorielles ou professionnelles.
  • Pour cela, il va falloir relancer l’économie mais pas n’importe comment ! C’est sur l’orientation et la formation qu’il va falloir miser pour faire renaître notre économie.

 

  • L’acquisition et le renforcement des compétences qu’elles soient linguistiques, numériques ou liés à un métier doit devenir un passage obligé pour les chercheurs d’emploi. Bien que l’emploi reste la Solution, il faut s’attendre à une reprise lente de l’activité économique et donc il faut profiter de ce temps de latence pour inciter au maximum les chercheurs d’emploi et les chômeurs temporaires à mettre à niveau leur compétences, tout en les aidant à cibler leur formation aux besoins du marché du travail bruxellois.

 

  • C’est pourquoi, dans le cadre du Plan de relance régional, un budget spécifique de 3.600.000€ a été dégagé pour renforcer quantitativement et qualitativement l’offre de formation en présentiel et à distance (e-learning).   Ce renforcement s’appuiera sur l’expertise des institutions en place : Bruxelles Formation, Pôles de Formation Emploi et la formation en alternance.

 

  • L’important, en plus de l’orientation et de la formation, est de permettre aux stagiaires les plus fragiles d’aller jusqu’au bout de leur parcours de formation. Par conséquent, nous allons indexer l’indemnité de formation en 2021 pour passer d’un euro de l’heure à deux euros, ce qui est la première phase pour arriver au revenu de formation.

 

  • La validation des compétences continue à être une des leviers importants à soutenir pour les travailleurs avec ou sans emploi qui ont de l’expérience et des compétences non reconnues, encore plus aujourd’hui qu’hier. L’objectif d’augmenter le nombre de titres de compétence reste bien une des priorités de ce Gouvernement avec une attention particulière pour la validation des compétences directement en entreprise.

 

  • La formation en alternance, qui est un des dispositifs essentiel pour la reconversion professionnelle, sera également soutenu que ce soit par les moyens de la Cocof que par ceux de la Région.

 

 

  • Pour ce qui est de la réforme de l’alternance, la mise en œuvre des Etats généraux de l’alternance qui doivent se faire en concertation avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région wallonne n’a pas pu avoir lieu en raison de la situation d’urgence que nous avons connu, et que nous connaissons encore aujourd’hui.  Mais cela nous a démontré l’importance de travailler de concert entre entités francophones afin d’avoir un message cohérent envers les acteurs et les bénéficiaires de l’alternance.

 

  • Le nouvel accord de coopération relatif aux articulations emploi-formation qui sera finalisé en 2021 permettra aux Gouvernements de définir et de soutenir une offre de formation souple, de la réorienter et de la développer en fonction des besoins que la crise Covid-19 a mis en avant ces derniers semaines-mois. En effet, il est essentiel de disposer d’un dispositif agile qui nous permette de réagir rapidement quand un problème d’envergure apparaît.

 

  • En matière de relation internationale, Malgré la situation que nous connaissons, nous continuerons à soutenir les associations et les projets qui participent à la coopération entre notre institution et les pays avec lesquels nous avons des accords bilatéraux.  Il en sera de même pour les activités en lien avec la Francophonie au niveau international et européen.

 

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les députés, j’arrive donc à la conclusion de mon intervention après avoir fait un tour des différents départements de la COCOF. C’est bien sûr un exercice frustrant parce qu’il m’a fallu résumer tous les projets que nous portons ou allons porter en quelques minutes. Je suis d’ailleurs certaine que vous aurez à cœur de les détailler en commission dans le courant de l’année qui vient.

Mais permettez-moi d’insister encore sur un point, comme je vous l’ai dit en introduction de mon exposé : la COCOF prend part de manière active à la lutte contre la propagation du virus, notamment en tentant de minimiser les conséquences de celui-ci sur les Bruxelloises et les Bruxellois. Mais ne perdons pas de vue que tout ne doit pas s’arrêter pour autant. Il est en effet essentiel de continuer à avancer dans nos politiques et dans tous les projets ambitieux que je viens de vous exposer.

Je terminerai sur une citation un peu moins sombre que celle du début de mon intervention. Je n’en connais plus son auteur, mais à peu de choses près, elle disait : « On aime l’incertitude parce qu’elle laisse entrouverte la porte de l’espoir ».

Malgré la situation, nous devons garder espoir. Et je sais que toutes les forces vives de la COCOF travaillent et continueront à travailler dur, au service des Bruxelloises et des Bruxellois pour que, collectivement, nous franchissions cette épreuve.

Je vous remercie pour votre écoute.

Prenez soin de vous et prenez soin des autres…