Skip to main content

Ce jeudi, le gouvernement bruxellois, à l’initiative du ministre bruxellois de l’Environnement, a adopté en 2eme lecture un arrêté qui permet à la région de se rapprocher de son objectif “zéro pesticide”. L’arrêté fait partie d’une série de trois arrêtés qui visent à réduire l’usage des pesticides dangereux dans les espaces privés, ainsi qu’à en encadrer la vente. “Depuis 2019, plus aucun pesticide n’est autorisé en Région bruxelloise dans les espaces publics, et Bruxelles Environnement entretient depuis 20 ans ses espaces verts sans pesticide. Nous allons maintenant plus loin, en luttant contre l’usage des pesticides dangereux dans les espaces privés pour protéger la santé des Bruxelloises et Bruxellois et la biodiversité qui les entoure.” indique le ministre.

 

En Belgique, l’ensemble d’un groupe d’enfants testés en 2021 par Test-Achats était contaminé, souvent par plus d’un pesticide. Or, de nombreuses études ont démontré la nocivité des pesticides sur notre santé. L’OMS estime qu’ils peuvent provoquer notamment des maladies neurologiques, des troubles endocriniens, des problèmes de fertilité, ou bien encore des allergies. “La Région bruxelloise est un territoire urbain densément peuplé à moitié couvert par la végétation. En rendant notre environnement moins toxique, on protège la santé des Bruxelloises et Bruxellois.” indique le ministre.

 

Les pesticides peuvent également avoir des effets très négatifs sur la biodiversité de la capitale. Ces substances ne sont pas seulement néfastes pour les organismes qu’ils visent, mais également pour leurs prédateurs, comme les oiseaux ou les chauves-souris, ou sur leur environnement global. “En diminuant l’usage des pesticides les plus dangereux, c’est toute une chaîne alimentaire qu’on peut protéger, par effet domino. Et notre environnement devient plus propre, puisque moins de substances toxiques ruissèlent avec la pluie dans nos sols, nos rivières et nos étangs. Bref, en s’attaquant aux pesticides dangereux, c’est l’ensemble de la biodiversité de notre capitale qu’on protège”, rajoute le ministre.

 

Les trois arrêtés maintenant adoptés par le gouvernement bruxellois permettront deux choses :

  • D’une part, dès 2025, l’usage des pesticides dangereux sera interdit dans les jardins et espaces verts privés en région bruxelloise. Il peut s’agir de jardins d’entreprises ou de terrains de sport, par exemple. Cette obligation sera d’application à partir de 2030 pour les agriculteurs et les maraîchers, qui auront ainsi plus de temps pour adapter leurs pratiques car cela ne se fait pas du jour au lendemain. “Les espaces verts privés couvrent un tiers de la surface verte de la région bruxelloise. Cette mesure permettra donc de protéger une grande partie de la nature de notre capitale.” commente le ministre.

 

  • D’autre part, dès 2025 également, la vente des pesticides sera encadrée en Région bruxelloise. Les pesticides dangereux seront disponibles uniquement sur demande, comme le sont déjà les cigarettes, par exemple. Les magasins qui vendent des pesticides devront aussi disposer d’un conseiller pour informer les utilisateurs sur les risques des produits ainsi que sur les restrictions d’usage.

 

Ces trois arrêtés sont maintenant soumis à l’avis du Conseil d’Etat.

 

Bruxelles Environnement propose des formations gratuites à ces conseillers, et accompagne tant les particuliers que les professionnels vers les méthodes alternatives de gestion des jardins et espaces verts, notamment via des fiches pratiques disponibles sur le site de https://renature.brussels/fr, ou via la Nature Academy.

“C’est en alliant prévention, information et nouvelles habitudes de gestion des espaces verts qu’on se rapprochera le plus rapidement de notre objectif d’une région bruxelloise sans plus aucun pesticide.”, conclut le ministre.

 

Pesticides dangereux = pesticides autres que les produits phytopharmaceutiques à faible risque

Produits phytopharmaceutiques à faible risque = produits suffisamment efficaces qui ne contiennent que des substances actives à faible risque et aucune substance préoccupante (cancérogène, mutagène, toxique pour la reproduction, neurotoxique, immunotoxique, perturbatrice endocrinienne, sensibilisante ou corrosive, persistante dans l’environnement) ou coformulants inacceptables. Les critères d’approbation des substances à faible risque sont repris à l’annexe II du règlement européen 1107/2009.