500.000 tonnes de déchets non-triés ont été incinérés en 2021 par la Région bruxelloise, soit l’équivalent de 200 fois le poids de l’Atomium. L’incinération de ces déchets a rejeté l’équivalent en CO2 de 145.000 voitures[1]. Or de nombreux déchets actuellement incinérés, comme les plastiques, les textiles et les déchets alimentaires, pourraient être valorisés s’ils étaient mieux triés. Dès lors, pour améliorer le recyclage des déchets, le Gouvernement bruxellois va mettre en œuvre une vaste réforme des collectes des déchets.

Pour Alain Maron, Ministre de la Transition climatique, de l’Environnement et de la Propreté publique : « Nos déchets sont des ressources précieuses. Dans un monde qui change, le gaspillage n’a plus sa place. La réforme que nous lançons est une nouvelle étape vers une ville plus propre et plus durable. »

Créer de nouvelles filières de tri et de recyclage

La première étape pour réduire la quantité de déchets est la mise en place de filières efficaces de tri et de recyclage. Le Gouvernement bruxellois a ainsi décidé de développer de nouvelles filières pour les matelas, le métal, le bois, les films plastiques, les gravats et le textile. Les entreprises devront dès 2023 (2025 pour le textile) valoriser leurs déchets dans ces nouvelles filières.

Valoriser ses biodéchets pour arrêter de réchauffer la planète en brûlant de l’eau

Les ménages bruxellois seront aussi amenés à mieux trier leurs déchets, dont les déchets alimentaires qui représentent encore 40 % du poids des sacs blancs. Les incinérer est inefficace et émet des gaz à effet de serre. C’est une aberration qui va à l’encontre des objectifs climatiques que la Région bruxelloise s’est fixée, à savoir la neutralité carbone en 2050. Pourtant, ces biodéchets ont une valeur insoupçonnée : produire de l’énergie renouvelable (via la biométhanisation) ou du terreau (via le compostage), deux ressources locales essentielles pour notre transition climatique. Généralisé dès 2017 à l’ensemble du territoire de la Région – sur base volontaire jusqu’ici – le tri des biodéchets deviendra obligatoire à Bruxelles à partir du 1er mai 2023. Ces déchets devront alors être triés dans le sac orange et/ou être compostés.

De nombreuses campagnes de sensibilisation ont été menées depuis le lancement de ce sac orange. Ainsi, Bruxelles Propreté a déjà mené, et continue de mener, des actions dans la plupart des marchés bruxellois et plus de 35.000 contenants orange en plastique ont été distribués par l’agence ou par les communes.

Trier ses plastiques pour créer de nouveaux objets

Obligatoire depuis 2010, le tri des emballages plastiques, métalliques et des cartons à boisson a été élargi en janvier 2021. Depuis lors, les Bruxellois.es sont invités à jeter plus de types d’emballages en plastique dans leur « nouveau » sac bleu. Selon Fostplus, ce sont plus de 8kg par habitant et par an qui passeront du sac blanc au sac bleu pour être recyclés en de nouveaux objets. Après plus de deux années de campagnes de sensibilisation, le tri de ces emballages sera désormais obligatoire à partir du 1er mai 2023.

Mieux trier ses déchets, c’est vider son sac blanc

Remplir ses sacs bleu et orange, c’est mécaniquement vider son sac blanc. L’obligation du tri sélectif videra ainsi le sac blanc de la moitié de son contenu actuel tout en augmentant le contenu des autres sacs. Il importe d’intégrer cette donnée dans l’organisation des collectes afin d’optimiser les tournées. Concrètement, moins de camions devront circuler pour collecter les sacs blancs, vu qu’ils seront moins remplis et sortis moins souvent. Par contre, les collectes sélectives, en particulier pour les déchets organiques, nécessiteront plus de tournées.

Dès lors, tous les sacs seront collectés à terme une fois par semaine dans toutes les communes bruxelloises, comme dans la plupart des grandes villes du pays. Cette réduction de fréquence de la collecte porte-à-porte des sacs blancs se fera progressivement et commencera le 1er mai 2023 par une première phase dans les 10 communes bruxelloises suivantes: Auderghem, Berchem, Bruxelles Ville (uniquement sur le territoire de Haren et Neder-Over-Hembeek), Evere, Ganshoren, Jette, Uccle, Watermael-Boitsfort, Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre. Le choix de ces communes a été fait en fonction de leur plus faible densité globale et aussi parce que le tri des déchets y est généralement déjà bien avancé. A noter que les immeubles à appartements, qui sont collectés en conteneurs, ne sont pas concernés par cette réforme. Cela représente 32% de la population de ces 10 communes.

Dans les immeubles à appartements qui sont collectés en conteneurs, la fréquence des collectes ne sera pas modifiée. En plus des campagnes de sensibilisation déjà menées par Bruxelles Propreté, Bruxelles Environnement et Fostplus, de nouvelles actions seront lancées, en particulier avec les acteurs sociaux : plusieurs milliers de conteneurs orange seront distribués et des contenants adaptés aux petits logement sont en cours de développement. Cette optimisation des collectes est un axe important du plan Up ! de redéploiement de l’agence.

Des pouvoirs publics exemplaires

Enfin, les institutions publiques ont un rôle exemplaire à jouer. Dès lors, les contenants à usage unique ne seront plus autorisés en 2023 dans les administrations. Les administrations publiques bruxelloises ne pourront plus proposer de boissons et de bouteilles en plastique dès janvier 2023 et de contenants alimentaires à usage unique, en juillet 2023.

La Région bruxelloise passe ainsi une étape supplémentaire dans le tri sélectif et la réduction de ses déchets en vue d’atteindre ses objectifs climatiques.

[1] 470.730 tonnes de CO2 émis par l’incinérateur en 2021. Sur base d’une moyenne de 19.519 km/an pour une voiture diesel, en partant du principe que 6.000 km parcourus produisent une tonne de CO2. Sources : https://mobilit.belgium.be/sites/default/files/rapport_kilometers_2017_fr.pdf

https://www.energuide.be/fr/questions-reponses/a-quoi-correspond-une-tonne-de-co2/2141/