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Après des années de tentatives infructueuses, un Plan alcool interfédéral a enfin été adopté. Ce plan « 2023-2025 » est une étape importante dans la lutte contre l’abus d’alcool, même s’il ne rencontre pas toutes les attentes initiales.

 

Les ministres Barbara Trachte et Alain Maron, respectivement en charge de la Promotion de la Santé et de la Santé à Bruxelles, tiennent à saluer certaines avancées. Parmi celles-ci, l’interdiction d’offrir de l’alcool dans le cadre d’une campagne promotionnelle ou l’interdiction de vente d’alcool dans les distributeurs automatique. Autres points positifs : la possibilité de créer un fonds qui servirait à financer des mesures de santé publique auquel l’industrie des alcooliers devra contribuer ; un registre des lobbys pour les administrations et les cabinets ; le soutien à la généralisation du label « Quality Night » en milieu festif.

 

Il apparait néanmoins que certaines propositions ne vont pas assez loin, alors qu’elles auraient pu être des leviers majeurs en termes de santé publique. Il est notamment à déplorer que l’interdiction de vente d’alcool dans les stations-services le long des voies rapides n’ait lieu qu’entre 22h et 7h du matin. Autre regret :  qu’aucun accord n’ait pu être trouvé sur une interdiction plus large du marketing et de la publicité pour l’alcool ou sur un étiquetage clair lié aux dangers de l’alcool et à la composition du produit ou sur la présence obligatoire des unités d’alcool par contenant.

L’évaluation des mesures du plan, en 2025, sera l’occasion de le faire évoluer pour qu’il soit plus en adéquation avec les volontés des experts de santé publique et l’objectif de limiter les surconsommations d’alcool.

 

Au niveau régional bruxellois, de nombreuses mesures ont déjà été prises et sont d’ores et déjà mises en œuvre, notamment grâce au Plan Social Santé bruxellois et à son volet 2, le Plan de Promotion de la Santé : en matière de réduction des risques, en matière d’information et de prévention sur l’abus d’alcool chez les jeunes (via notamment le réseau Safe ta night), via la campagne Tournée minérale portée chaque année en février ou via des associations comme le Pélican, Modus Vivendi, Eurotox ou Univers santé.

Pour Barbara Trachte et Alain Maron : « La consommation excessive d’alcool est un enjeu majeur de santé publique. Un Plan alcool était dès lors attendu depuis de longues années par les acteurs de santé publique. Le simple fait de son adoption est un pas en avant. D’autres seront nécessaires si l’on veut être à la hauteur des enjeux. Au niveau de la Région bruxelloise, nous continuerons, à mener des politiques volontaristes et à appliquer des mesures efficaces pour limiter les surconsommations d’alcool ».

Pour rappel, 14% de la population belge boit de l’alcool en excès, c’est-à-dire plus de 10 unités d’alcool par semaine. Près de 9.300 belges mourront de leur consommation chaque année, notamment en raison d’un cancer lié à cet abus.